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Comment les réseaux sociaux détruisent votre cerveau

En 2023, des chercheurs du CNRS ont montré que 78 % des jeunes utilisateurs exposés régulièrement aux contenus polémiques ou violents affichent des signes accrus d’anxiété et de dépression. Une autre étude, menée par l’Université de Californie, a révélé que l’usage intensif de plateformes comme Instagram ou TikTok altère la densité de matière grise dans le cortex préfrontal, affectant directement la prise de décision. Les géants de la tech ne se contentent pas d’ignorer ces effets secondaires : ils les exploitent. Un modèle d’engagement classique, appelé « dopamine loop », est utilisé pour rendre l’utilisateur dépendant. Des décennies de recherche en psychologie ont été détournées. En renforçant les comportements compulsifs, les réseaux sociaux hypnotisent l’attention à coups de contenus hyper-ciblés, notifications, de likes et de commentaires. TikTok, champion toutes catégories, engrange plus de 89 minutes d’utilisation quotidienne par utilisateur, selon une analyse d’eMarketer en 2023. Résultat : une anesthésie mentale qui réduit la capacité à penser de manière critique. Une enquête conduite par l’Institut Demos en 2022 a démontré que l’utilisation prolongée de Twitter ou Facebook accentue les biais cognitifs, encourageant l’enfermement dans des bulles idéologiques. Pire, les émotions s’effritent. Les tentatives de régulation peinent à s’imposer. Le Digital Services Act, censé réguler les algorithmes de diffusion de fausses informations, est contourné par des modifications superficielles. Axelle Lemaire, ancienne secrétaire d’État au numérique : « Tant que le modèle économique des réseaux sociaux reste basé sur l’attention, ils n’ont aucun intérêt à freiner. » Pour les utilisateurs, résister revient à une bataille contre soi-même. Peut-être que chacun est aussi un peu responsable de sa vie. Et qu’on ne peut pas tout attendre des autorités. À moins d’éteindre l’écran, ou de modifier les habitudes en ligne, c’est le cerveau qui paiera la facture.

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Robert Dautray

Robert Dautray : l’homme qui fit entrer la France dans l’ère de la bombe H

Robert Dautray, né Robert Kouchelevitz en 1930 à Paris, est le fils d’immigrés juifs d’Europe de l’Est. Il est adolescent lorsque la Seconde Guerre éclate. Un jour, une voisine avertit sa famille que des soldats les cherchent… à leur ancienne adresse. Robert, avec sa mère et sa sœur, s’échappent et trouvent refuge chez un berger, dans le Gard. Leur père ne veut pas s’enfuir, craignant que son accent compromette toute la famille. Il sera arrêté lors de la rafle du Vél’ d’Hiv, déporté à Auschwitz, et ne reviendra pas. Après la guerre, Robert reprend ses études. Il intègre Polytechnique, il change de nom, comme d’autres étudiants juifs. Puis, il rejoint le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), où il se distingue par ses capacités analytiques hors norme. Dans les années 1960, la France cherche à rattraper son retard dans la course aux armes thermonucléaires. Les recherches piétinent, de Gaulle s’impatiente. Dautray intègre et fait nettement avancer le programme. Ses calculs permettent à la France de tester sa première bombe H en 1968, faisant du pays une puissance nucléaire à part entière. Dautray refuse les projecteurs. Pas de publications éclatantes, peu de reconnaissance officielle. Des insomnies. Une vie entière dédiée à la science. Et à la France. Extrait de ses mémoires : « La France n’est pas seulement pour moi une idée ou un pays, elle est un idéal, un idéal concret. Toute ma vie, je l’ai chérie ; toute ma vie, je l’ai servie. […] C’est pour me montrer digne d’être son fils que je lui ai consacré tout mon temps et toutes mes forces. » Il y confirme aussi que la France a bénéficié d’informations d’une nation amie (il ne la nomme pas, il s’agit probablement du Royaume-Uni), pour développer la bombe H. Il s’accorde une demi-journée de repos par semaine, le dimanche après-midi, où il s’autorise à lire des ouvrages non-scientifiques. Lorsque Dautray décède le 20 août 2023, seul, dans un appartement parisien, aucun hommage public ne lui est rendu, selon ses vœux. Une lettre manuscrite est retrouvée après sa mort : « Le mot de souffrance est ridiculement trop faible pour exprimer ce que fut de devoir survivre à la négation de la dignité humaine de mon père depuis le convoi qui le menait vers le camp d’Auschwitz jusqu’à son sort de fumée et de cendres. C’est pourquoi je souhaite qu’à ma mort il n’y ait aucune annonce, ni communiqué de la part de l’Académie des Sciences. »

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C’était mieux avant, sauf pour Geoffroy Vallée

C’est entre 1535 et 1540 que nait à Orléans, Geoffrey Vallée. Puis il part à San Francisco pour y inventer le silicone. Fake News. Il nait donc à Orléans. Son père est contrôleur des domaines du Roi (c’est alors François Ier). On ne sait pas trop ce qu’il fabrique, c’était il y a cinq siècles, toujours est-il que sa famille veut le mettre sous curatelle. Geoffrey Vallée passe par monts et collines et déguerpit vers Paris. Il y publie en 1572 une sorte de bref pamphlet, dont le titre est La béatitude des Chrétiens ou le Fléau de la foy. Il y écrit que la religion telle qu’elle se pratique abêtit les hommes, qu’elle ne fait que les maintenir dans l’ignorance en construisant sa légitimité, entre autres, sur la seule crainte inspirée par Dieu. De manière assez cavalière, il élabore une liste des gens les plus ignorants aux moins ignorants : le papiste, le huguenot, l’anabaptiste, le libertin et le vrai catholique. Pour Vallée, l’athée est un individu qui demeure dans la croyance (et donc dans le malheur) en se mentant à lui-même. Le vrai catholique, est selon Vallée, l’homme qui par un travail de recherche intellectuelle et d’ascèse morale sur lui-même, a développé une science de Dieu totalement opposée à la foi dénoncée comme une aliénation. On n’est pas obligé de tout comprendre. Le Parlement de Paris ne lui attribue aucun prix littéraire. Pire, il le condamne à la pendaison. Au cas où cela serait insuffisant, et dans l’hypothèse où Geoffrey Vallée parviendrait à continuer à vivre sans respirer, on le condamne également à être brûlé. Cela, a priori, a suffi à le tuer, en 1574. Il a environ 35 ans. Il n’est pas condamné pour athéisme. Il n’était pas athée, plutôt déiste. Belle époque. Vraiment. Comment ne pas regretter la grande époque de la civilisation chrétienne. Ce serait dommage si on avait l’opportunité d’inventer enfin autre chose.

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